"La voix de celui qui crie dans le désert". Jean 1, 23
" Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire". Bernadette Soubirous

Et ma voix n'engage que... moi.

La République française respecte toutes les croyances (article 1er de la Constitution)

Visiteur, tu es le bienvenu et ne crains pas de déposer des commentaires !


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lundi 27 février 2017

Catholiques : pas d'amalgame ! par Anne Soupa

Non, tous les catholiques ne sont pas de droite, non tous les catholiques ne sont pas des identitaires...
Par Anne Soupa, invitée par Mouloud Achour dans le Gros Journal :


Le Gros Journal avec Anne Soupa, l'intégrale du... par legrosjournal


Cf. également ce que j'écrivais sur le même sujet en 2014 sur ce blog. A lire ici



 

samedi 18 juillet 2015

L'économie ou l'Homme ?




C'est-à-dire une science ou la vie de l'être humain ?

Telle est la question depuis la publication de la publication de l'encyclique "Loué sois-Tu" et surtout depuis le voyage du pape en Amérique latine.

Cette question est le coeur de l'encyclique "Loué sois-Tu". 
Les économistes, du moins certains, réduisent le monde à des équations sans tenir compte de la vie des hommes. C'est ce que l'on appelle l'économisme, une idéologie comme une autre souvent défendue par les économistes libéraux ou ultralibéraux.
Le pape François part de la vie des hommes et ne peut donc être qu'en contradiction avec ces économistes libéraux. C'était d'ailleurs la position des mouvements écologistes des années 70-80. 
On leur faisait le même procès en sorcellerie et on le fait encore : naïfs, rêveurs, bisounours, n'ont rien compris à l'économie et au marché,... 

François est devenu l'empêcheur de tourner en rond n°1 qui a d'emblée mis de côté - sans pour autant les délaisser - les questions sociétales chères aux chrétiens fondamentalistes  (avortement, contraception, mariage pour tous,...) pour centrer son discours sur les questions de justice sociale.
Il est évident qu'il ne va pas se faire uniquement des amis parmi certains catholiques, bien marqués à droite et sans doute majoritaires en France - encore que - mais qui pèsent peu au regard des chrétiens du reste du monde. 

C'est peut-être une des raisons pour lesquelles le pape ne s'est pas encore rendu en France.
Dans le pays où les contemplateurs des points non négociables* sont ceux qui font le plus de bruit sur les réseaux sociaux, son discours sur les trois "T" (Terre, toit et travail) ** ne serait pas aussi bien entendu et accueilli que dans les pays pauvres.   
Dans son discours, le pape François a évoqué la fraternité, l’entraide, l’engagement, la soif de justice. Il a insisté sur les droits sacrés que sont ces trois "T".
Son propos est radical comme son encyclique :
nous voulons un changement, un changement réel, un changement de structures. On ne peut plus supporter ce système, les paysans ne le supportent pas, les travailleurs ne le supportent pas, les communautés ne le supportent pas, les peuples ne le supportent pas... Et la Terre non plus ne le supporte pas, la sœur Mère Terre comme disait saint François. 

Rarement on a vu un pape être aussi clair dans la désignation de l'ennemi : 

On est en train de châtier la terre, les peuples et les personnes de façon presque sauvage. Et derrière tant de douleur, tant de mort et de destruction, on sent l’odeur de ce que Basile de Césarée – l’un des premiers théologiens de l’Église - appelait “le fumier du diable” ; le désir sans retenue de l’argent qui commande. C’est cela ‘‘le fumier du diable’’. Le service du bien commun est relégué à l’arrière-plan. Quand le capital est érigé en idole et commande toutes les options des êtres humains, quand l’avidité pour l’argent oriente tout le système socio-économique, cela ruine la société, condamne l’homme, le transforme en esclave, détruit la fraternité entre les hommes, oppose les peuples les uns aux autres, et comme nous le voyons, met même en danger notre maison commune, la sœur et mère terre.

Comment les puissants de ce monde peuvent-ils supporter un tel discours ? Leurs porte-voix vont désormais se déchainer pour disqualifier la parole du souverain pontife. 

Car il est vrai que la flèche décochée contre l'économisme est rude : 

‘‘nous avons vu et entendu’’, non pas la statistique froide mais les blessures de l'humanité souffrante, nos blessures, notre chair. Cela est très différent de la théorisation abstraite ou de l'indignation élégante.

C'est donc réjouissant, car si les fauves sont lâchés, c'est que François a touché du doigt là où cela fait très mal et qu'il va - et l'Eglise avec lui - dans la bonne direction. 
Car les reproches *** qui sont ainsi fait à François, peuvent être adressés aussi à l'Evangile et au Christ qui est mort sur la Croix pour avoir prêché la Justice...

* Cf. Des cathos rebelles en France ou le catholicisme revu et corrigé par la droite
** Discours du Pape François, Santa Cruz de la Sierra (Bolivie) Jeudi 9 juillet 2015
***  Le pape est-il nul en économie ?  rubrique "débat" sur le site de La Vie


[Billet diffusé également sur le blog "A la table des chrétiens de gauche"


jeudi 16 juillet 2015

Habiter autrement la Création

http://www.evangile-et-liberte.net/wordpress/wp-content/uploads/2015/07/Habiter_autrement_la_Creation.pdf

Au nom de leur foi, des chrétiens, orthodoxes, protestants et catholiques s’engagent pour la justice climatique.

Avec toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté et aux côtés d’autres acteurs de la société civile, les chrétiens se mobilisent pour que le temps de la 21e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21), en décembre à Paris, soit un temps d’appel à plus de courage politique et un temps d’actions de grâces, d’inventivité et d’espérance. Le défi est d’ouvrir un nouveau chemin de vie, loin des injustices, des inégalités et des déséquilibres écologiques de notre modèle de développement.

Un beau fascicule de 16 pages est disponible en ligne. Il porte sur les thèmes suivants : 
- Peut-on vivre sans essence et sans viande ? De notre vie quotidienne à la question du climat
- Le climat et l’environnement, une question de justice sociale, une invitation à repenser notre modèle de développement
- Face à la nécessité du changement, la tentation des fausses solutions
- Le défi climatique, un défi spirituel
- Porter des signes d’espérance, une multitude d’alternatives

Ce fascicule est à la fois un appel à une prise de conscience et à l'action, il est en quelque sorte, pour les catholiques, une traduction concrète de l'encyclique Loué sois-Tu. Il est téléchargeable ici.

mercredi 18 février 2015

Pour les 21 martyrs chrétiens

21 Égyptiens coptes ont exécutés sauvagement par "l'État islamique", sur les rives de la mer Méditerranée, en Libye.

Le pape François :
"Ils ont été assassinés pour le seul fait d’être chrétiens. Le sang de nos frères chrétiens est un témoignage qui hurle. Qu’ils soient catholiques, orthodoxes, coptes, luthériens, peu importe : ils sont chrétiens ! Et le sang est le même. Donner son sang, c’est témoigner du Christ."

Antoine D'Abbundo : 
"Voici les noms des 21 coptes assassinés. Qu'ils reposent en paix auprès du Dieu de nos pères."




vendredi 16 janvier 2015

Charlie Hebdo : et maintenant ? Respect




Respect, un mot qui revient souvent, clairement ou implicitement : 
Je suis d'accord avec  cette déclaration de l’Église catholique de France (Conseil Famille et Société) :
"chacun doit pouvoir éviter toute provocation, tout amalgame et tout ce qui relève du rejet de l’autre.
Ce qui fut l’élan d’un instant doit pouvoir devenir l’engagement durable pour bâtir une société du respect de l’autre, de la bienveillance, de la justice, de la liberté et de la responsabilité.

Les catholiques souhaitent que ne se referment pas les chemins qui se sont ouverts vers la fraternité." 

Cette autre déclaration est également essentielle et rappelle quelles fondamentaux du vivre ensemble : 
"Nous exhortons les uns et les autres à ne pas entrer dans la spirale mortifère de la peur et du mépris de l’autre.
Toutes les libertés sont intrinsèquement liées les unes aux autres. La liberté de la presse, quelle que soit cette presse, reste un des signes d’une société solide, ouverte au débat démocratique, capable de ménager une place digne à chaque personne dans le respect de ses origines, de sa religion, de ses différences. C’est cette France respectueuse de tous, symbole au-delà même de ses frontières, qui a été meurtrie ; c’est vers cette France qu’ont afflué du monde entier les très nombreux témoignages de sympathie et de compassion ; c’est cette France-là qui dimanche a redit son adhésion profonde aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité."
Nos évêques interrogent aussi l'avenir de notre société : 
"Enracinés dans l’Évangile, portés par l’Espérance, nous devons nous interroger sur notre projet de société. Quelle société voulons-nous bâtir ensemble ? Quelle place réservons nous aux plus faibles, aux exclus et aux différences culturelles ? Quelle culture voulons-nous transmettre aux générations qui nous suivent ? Quel idéal de notre communauté humaine proposons-nous à la jeunesse ?
Nous appelons les catholiques à poursuivre leur engagement dans la vie familiale, la vie associative et plus généralement dans la vie publique pour faire progresser notre société dans la justice et la paix.

Nous invitons à amplifier les efforts faits dans le domaine de l’éducation, conscients que cet enjeu est majeur pour aujourd’hui et pour demain.

C’est ensemble que nous construirons la société de demain. Non les uns contre les autres mais les uns avec les autres."
 
Le journaliste François Vercelletto sur son blog va dans le même sens :
"Il me vient toutefois un mot à l'esprit : respect.
Un joli mot. Comme un vœu. Comme un exercice quotidien et permanent.
Respect de soi. Respect de l'autre, de ses différences. De ses croyances. Quelles qu'elles soient."

Le journaliste Hervé Kempf sur le site du journal Reporterre voit sous autre angle que la question religieuse - et il n'a pas tort - les événements de la semaine dernière : 
"il faut pouvoir dire : non, je ne suis pas en guerre ; non, je ne considère pas que le problème islamique est le plus important de l’époque ; non, je n’admets pas une unanimité qui couvrirait une inégalité stupéfiante ; non, je ne ne pense pas que nous avons besoin de plus de policiers et de prisons.
Et oui, je peux dire : Nous voulons la paix ; nous considérons que l’essentiel aujourd’hui est la crise écologique ; nous ne retrouverons l’unité que quand les inégalités seront réduites ; nous avons besoin de plus d’artistes et d’écoles."

A propos d'école, la blogueuse Zabou The Terrible tient des propos remplis d'espérance sur la jeunesse : 
"se rendre vraiment compte aussi, dans ce genre d’affaires, que nous ne sommes pas de quelconques chargeurs de clés USB sur les cerveaux de nos élèves,
Mais qu’il y a de jeunes consciences qui ont besoin de nous pour se construire : en composition ou en opposition, mais, dans le fond, peu importe,
Si le crayon est l’arme de l’expression ;
L’arme anti-extrémisme par excellence est l’éducation ;
Et il est bon, particulièrement bon en ces temps, d’y contribuer."



Notre pape François, comme toujours, remet l'église au milieu du village, d'une façon très jésuite d'ailleurs dans une interview donnée dans l'avion qui l'emmenait au Sri Lanka:  la liberté d'expression et la liberté religieuse sont des droits humains fondamentaux. Chacun a le droit de pratiquer sa religion, sans offenser, librement, et nous voulons tous faire ainsi.
Mais on ne tue pas au nom de Dieu, c'est une aberration, la liberté d'expression est une obligation ( notamment quand on a des choses à dire à nos élus lorsqu'ils se comportent mal...) mais toujours sans offenser. 
Enfin et surtout François insiste sur le fait que chaque religion a de la dignité, chaque religion qui respecte la vie humaine et l’homme, et qu'on ne peut s'en  moquer


On ne le répétera jamais assez : le respect est la condition pour vivre ensemble, cela peut sembler d'une banalité confondante mais c'est le meilleur rempart contre les chiens de guerre de tous les camps. Il n'y en a pas d'autre.

Pour vivre ensemble, je tiens à rappeler l'existence de cette association : Coexister.

Heureux les artisans de paix !

PS : je vous invite à lire le billet que je découvre à l'instant de l'ami Fabrice Nicolino qui se remet lentement de ses graves blessures. C'est la première fois qu'il écrit depuis l'attentat, c'est beau, c'est émouvant et comme d'habitude c'est important : Mes si chers amis d’ici et d’ailleurs

mercredi 14 janvier 2015

Charlie, une semaine après


Une semaine après, j'ai envie de partager quelques lectures et réflexions.
D'abord je pourrai dire que comme beaucoup de mes concitoyens, j'y étais :


 
1500 personnes à peu près dans une ville qui en compte environ 15000, le calcul est simple à faire : 10% de la population s'est déplacée, des jeunes, des moins jeunes, une foule diverse et puisque je connais les gens, j'ai aperçu aussi des personnes que je n'avais jamais vues battre le pavé. Et tout cela malgré le vent et la pluie, dans une atmosphère digne et recueillie. C'est réconfortant.

Ensuite on commence à voir de nombreuses analyses et incantations. Des politiciens parlent d'un Patriot Act à la française et de mesures sécuritaires alors que nous avons déjà tout l'arsenal juridique nécessaire ainsi que des services de renseignement et de police compétents et efficaces. Et pas plus tard que ce midi, un économiste tout en expliquant pourquoi il était normal que le CAC 40 ne soit pas affecté a parlé du laxisme de l’École et de la Justice.

Or, je fais partie de ceux qui pensent qu'on ne peut appliquer une grille de lecture unique et simpliste - en l’occurrence l'explication d'un islam radical en guerre contre un Occident aux valeurs déliquescentes libérales-libertaires - à des événements si complexes.

Je préfère cette analyse de Michael Löwy qui porte un autre regard sur les événements :
"Les uns et les autres essayent d’instaurer un climat de  « guerre des civilisations »,  selon la sinistre proposition de Samuel Huntington (un des architectes de la Guerre du Vietnam).  Il est urgent de rappeler que le vrai conflit de notre époque n’est pas entre  « l’Islam » et  « l’Occident »,  mais entre exploiteurs et exploités,  oppresseurs et opprimés,  et,  en dernière analyse,  entre les intérêts du capitalisme et ceux de l’humanité."

J'ai aussi expliqué pourquoi  #JeSuisCharlie dans un billet publié sur le site A la table des chrétiens de gauche et sur ce blog.
Je le suis d'autant plus lorsque je vois le nom de Charlie associée à l'expression "pseudo rebelle". Expression doublement inappropriée car ces journalistes étaient et restent authentiquement rebelles et  ils sont plus que ça. Quand quelqu'un meurt pour avoir défendu des idées de liberté, il est plus qu'un rebelle, il est un héros.

Mais il me semble que si certains n'aiment pas Charlie, ce n'est pas tant en raison de leurs dessins mais plutôt en raison de leurs convictions rappelées dans une tribune du Monde
"Charlie Hebdo est fils de Mai 68, de la liberté, de l'insolence, et de personnalités aussi clairement situées que Cavanna, Cabu, Wolinski, Reiser, Gébé, Delfeil de Ton…
Qui oserait leur faire un procès rétrospectif ? Le Charlie Hebdo des années 1970 aura aidé à former l'esprit critique d'une génération. En se moquant certes des pouvoirs et des puissants. En riant, et parfois à gorge déployée, des malheurs du monde, mais toujours, toujours, toujours en défendant la personne humaine et les valeurs universelles qui lui sont associées. [...]
Nous rions, nous critiquons, nous rêvons encore des mêmes choses. Ce n'est pas trahir un secret : l'équipe actuelle se partage entre tenants de la gauche, de l'extrême gauche, de l'anarchie et de l'écologie. Tous ne votent pas, mais tous ont sablé le champagne quand Nicolas Sarkozy a été battu en mai 2012.
Aucun d'entre nous ne songerait à défendre la droite, que nous combattrons jusqu'au bout. Quant aux fascismes, quant au fascisme, nous considérons évidemment cette engeance comme un ennemi définitif, qui ne s'est d'ailleurs jamais privé de nous traîner devant les tribunaux."

J'ai préféré et apprécié l'intelligence des Jésuites (pléonasme?) - je n'oublie pas que le pape est l'un des leurs - qui ont publié sur leur site des caricatures ciblant le catholicisme :
"Les réactions unanimes qui se sont manifestées, à droite comme à gauche, parmi les croyants comme parmi les incroyants, invitent à ne pas céder à la peur et à défendre une société plurielle.
Nous avons fait le choix de mettre en ligne quelques caricatures de Charlie Hebdo qui se rapportent au catholicisme. C’est un signe de force que de pouvoir rire de certains traits de l’institution à laquelle nous appartenons, car c’est une manière de dire que ce à quoi nous sommes attachés est au-delà des formes toujours transitoires et imparfaites. L’humour dans la foi est un bon antidote au fanatisme et à un esprit de sérieux ayant tendance à tout prendre au pied de la lettre."

Et c'est bien notre société, libre, ouverte sur le monde, qui était visée. C'est la France multiculturelle et plurielle que les terroristes ont voulu tuer la semaine dernière, la France "Black, Blanc, Beur"  :

Clarissa, Franck, Ahmed, les policiers morts en service

Les protestants libéraux sont sur cette même ligne de tolérance et de liberté :
"On a pu s’étonner que les assassins du 7 janvier ne s’en soient pas pris aux islamophobes et à leur pensée nauséabonde et si lucrative. On le sait désormais : les uns sont nécessaires aux autres. En cultivant la peur de l’Islam, ils arment les islamistes qui font vendre ceux qui, en échange, ravivent la peur. En revanche, en brisant à jamais les crayons de quelques joyeux drilles pour qui, à juste titre, rien n’est sacré, les fanatiques nient la liberté. Ils imposent un modèle religieux sans humour. Triste à en pleurer. Sans vie, figé, tyrannique.  Il nous faut, nous aussi, faire du Charlie Hebdo, et rappeler que Dieu seul est Dieu et que toutes nos paroles sur Dieu, pour y croire ou pour le nier, ne sont que des tentatives de vérité, des interprétations balbutiantes, des caricatures."

A propos de caricatures, on aurait bien tort de réduire Charlie à celles-ci. Car ce journal est en fait très sérieux, Charlie Hebdo, on ne le sait pas assez, ce sont des investigations. Et je pense notamment à toutes celles de Fabrice Nicolino concernant l'écologie, sur l'industrie chimique, sur l'industrie agro-alimentaire, le nucléaire. Cf. cette chronique sur Cattenom qui a encore connu un incident la semaine dernière...

Charb avait dessiné sur les questions de GPA : 

Tout comme Fabrice Nicolino s'était exprimé sur le mariage pour tous :
"Deux petits mots quand même. Un, il est désolant que la question de la filiation, fondamentale, fasse l’objet des habituelles éructations idéologiques. Il est encore heureux qu’on puisse défendre l’égalité, et considérer l’homophobie comme un racisme d’une part, et d’autre part contester ce qui est d’évidence une opération politicienne d’un gouvernement en perdition. Cette manière d’opposer supposés progressistes et soi-disant réactionnaires est un truc. Une pure et simple arnaque. Deux, l’écologie telle que je la comprends est une révolution de l’esprit. Elle contredit l’hyperindividualisme qui est au fondement de notre société industrielle. L’individu aurait tous les droits. Celui de changer de machine toutes les vingt secondes, celui de tuer un cerf s’il en a le goût, celui de prendre l’avion plus souvent qu’il n’embrasse son fils, celui d’enfanter à 98 ans, celui de se voir greffer un deuxième cerveau et une huitième main, etc. L’écologie telle que je la pense est la découverte des limites. Y compris celles du désir. Y compris celles de sa satisfaction. C’est d’autant plus chiant que j’entends pour ma part rester sur le terrain de la liberté, de l’égalité et de la fraternité."

Et à propos de notre devise républicaine, je terminerai sur ces quelques lignes de notre Constitution :
"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.
et que Luz a formulé avec ses mots lors de la conférence de presse de cet après-midi : 
"Je suis Charlie, je suis flic, je suis juif, je suis musulman, et je suis aussi athée".


Billet rédigé en mémoire de  :
Frédéric Boisseau
Philippe Braham
Franck Brinsolaro
Jean Cabut, dit Cabu 
Elsa Cayat
Stéphane Charbonnier, dit Charb
Yohan Cohen
Yoav Hattab 
Philippe Honoré, dit Honoré
Clarissa Jean-Philippe
Bernard Maris dit Oncle Bernard
Ahmed Merabet
Mustapha Ourrad
Michel Renaud
François-Michel Saada 
Bernard Verlhac, dit Tignous  
Georges Wolinski






dimanche 14 décembre 2014

Souvenir de Noël

Je me souviens d'un Noël particulier.
C'était dans le village de mon enfance.
C'était ma première messe de minuit.
J'étais enfant de chœur.
Surtout mon père, protestant, avait chanté "Minuit, chrétiens", à la demande du curé. Le prêtre et le protestant en avaient été très heureux et moi j'avais été très fier de mon père.
A lui qui est parti trop tôt, je dédie cette version de ce cantique, que je viens d'enregistrer dans le style de Vangelis :




mardi 21 octobre 2014

Les hurlements de la droite catholique française

Un excellente analyse de Patrice de Plunkett sur le synode sur la famille qui vient de se terminer à Rome et les réactions de la droite catholique : 

"cette droite a poussé des hurlements : comme ses grands-pères avaient hurlé en 1962, à l'ouverture de Vatican II, quand les évêques aidés de leurs théologiens (dont un certain Ratzinger) avaient retoqué le document préparatoire de la Curie, qui visait à empêcher tout débat. On connaît la suite : Vatican II allait produire un corpus doctrinal remarquable de profondeur, que les catholiques français allaient s'empresser de ne pas lire. Ils en ignorent encore tout aujourd'hui.
En 1965, à la fin du concile, cette droite hurlait toujours contre lui.[...]

Et s'ils ont envie de hurler contre François, c'est d'abord pour des raisons économiques et sociales."

Ce texte est à lire dans sa totalité  sur le site de l'Obs ici.

En complément, ce billet sur la droite catholique publié sur ce blog, à lire ici.

jeudi 28 août 2014

Résister

La droite catho s'énerve sur les réseaux sociaux. C'est normal la politique qu'elle soutient habituellement est appliquée par la gauche au pouvoir. C'est rageant...

Sur le plan religieux, ça ne va pas mieux : comme le rappelle Patrice de Plunkett la vedette politique mondiale la plus proche des positions du pape François est... une protestante pentecôtiste 
[...]dominant aisément Mme Rousseff, l'Amazonienne (Marina Silva NDR) a démontré l'absurdité de sacrifier la justice sociale aux "lois de l'économie". D'où ce paradoxe : la vedette politique mondiale la plus proche des positions du pape François est... une protestante pentecôtiste.
Pour lire le billet en entier, cliquer ici.

Tout comme ce sont des protestantes qui ont donné tout son sens au verbe "résister" en le gravant sur une pierre dans leur prison pour lutter contre l'absolutisme de l'époque. 
Pour en savoir plus, cliquer ici.

La droite catho ferait bien de s'en souvenir avant de donner des leçons d'usage de ce mot.




mercredi 13 août 2014

Assomption 2014



Une information de la paroisse Saint Martin de Longwy :
"A l’heure où bien des guerres ensanglantent encore notre planète (Israël-Palestine, Irak, Syrie, Ukraine, Libye, Nigeria, Centrafrique …), un temps de prière pour la paix est proposé aux fidèles.
Nous pourrons nous tourner particulièrement vers Marie à l’occasion de la Solennité de l’Assomption.
Vendredi 15 août à 20h15
à l’église St Dagobert ( Longwy-Haut)

chants, témoignages, réflexions, dizaine de chapelet, prière pour la Paix
"
 http://longwy-saint-martin-54.catholique.fr/Veillee-de-Priere-pour-la-paix.html


Un appel de la Conférence des Évêques de France, le Secours Catholique et l’Œuvre d’Orient :

Proche-Orient : prier et agir sans tarder !
Comme d’autres minorités, nos frères du Proche-Orient, dont les pays sont déchirés par les guerres, crient au secours. Entendons-nous leur appel ? Qu’en faisons-nous ?
La Conférence des Evêques de France, bouleversée par les drames qui se déroulent sous nos yeux et dont ont été témoins directs plusieurs d’entre nous, appuie notamment les actions du Secours Catholique-Caritas France et de l’Œuvre d’Orient qui se sont tournés vers elle. Par leur présence sur le terrain, ces organisations d’Eglise sont directement solidaires des chrétiens du Proche-Orient et des victimes des trois conflits majeurs qui secouent la région : Irak, Israël-Palestine et Syrie avec son impact sur les pays limitrophes.
Depuis les tout premiers jours, des équipes Caritas, partenaires du Secours catholique-Caritas France, sont auprès des populations déplacées au nord de l’Irak, des victimes des bombardements à Gaza et des Syriens victimes du conflit dans le pays ou réfugiés en Jordanie et au Liban. Par ailleurs, les prêtres et institutions religieuses sont sur le terrain, au quotidien, aux côtés des familles. Ils leur apportent aides alimentaires, logements, soins et scolarisent les enfants, grâce au soutien de l’Œuvre d’Orient.
Depuis trois ans, le Secours Catholique et l’Œuvre d’Orient ont chacun apporté des sommes très importantes pour financer des actions concrètes. Pour continuer et répondre aux besoins de plus en plus vitaux et de plus en plus urgents, votre soutien est indispensable. Merci pour vos dons et pour votre prière tout spécialement en cette fête de l’Assomption de la Vierge Marie, si chère au cœur des catholiques du monde entier.
Mgr Georges Pontier
Archevêque de Marseille
Président de la Conférence des Évêques de France

Prière d’intercession à la Vierge Marie pour la fête de l’Assomption 2014.
Marie, notre Mère,
nous nous adressons à toi
en cette fête qui nous rappelle que tu es auprès du Père dans la gloire de la Résurrection.
Toi qui étais debout près de la croix de ton Fils,
tu peux, mieux que quiconque, comprendre nos sœurs et nos frères humains qui souffrent
et intercéder pour eux.
Nous voulons te confier aujourd’hui les chrétiens d’Irak et les autres communautés de ce pays, qui vivent un chemin de croix et qui implorent notre aide.
Nous te confions aussi les chrétiens et les autres communautés de Terre Sainte, de Syrie et de tout le Proche Orient.
Prends-les sous ta protection,
Qu’ils puissent découvrir la présence de ton Fils auprès d’eux dans leur détresse.
Intercède pour nous aussi :
Que l’Esprit Saint nous aide à trouver les moyens de leur venir en aide
Et que nous vivions plus intensément la solidarité avec eux dans la prière.

Amen.


lundi 11 août 2014

Proche et Moyen-Orient : que faire ?



Ce billet a été rédigé à la suite d'échanges et de débats sur les réseaux sociaux.
Il est publié sur ce blog et sur celui des chrétiens degauche.
Autant le dire tout de suite, il n'y aura pas de ma part de véritable prise de position sur les conflits du Proche et du Moyen-Orient. Surtout des constats, des questions, des incompréhensions mais aussi une empathie envers les plus fragiles, les plus faibles, peu importe leur nationalité ou leur religion.

Le pape François, après l'Angélus du 10 août :
« Les événements qui se passent en Irak nous laissent dans l'étonnement et dans l'effarement : des milliers de personnes, dont plusieurs chrétiens sont chassés de leurs maisons de manière brutale ; des enfants meurent de faim et de soif pendant leur fuite, des femmes sont séquestrées, des personnes sont massacrées. Il y a des violences de tous types, il y a des destructions de patrimoine, des destructions de maisons, d'édifices religieux et culturels et historiques. Tout cela offense gravement Dieu et l'humanité.

On ne peut pas supporter cette haine faite au nom de Dieu ! On ne fait pas la guerre au nom de Dieu ! Tous, en pensant à cette situation à toutes ces personnes, faisons silence et prions. »


Depuis mon enfance je rêve de visiter la Terre Sainte. Mais je m'interroge de plus en plus sur la notion de Terre Sainte. Jésus a versé son sang non pas pour une terre mais pour sauver l'Humanité.

Une terre aussi assoiffée du sang de ses enfants peut-elle être réellement sainte ?

Je disais plus haut que je ne comprends pas ce qui se passe. Face à des politiques et des stratégies aussi cyniques que machiavéliques, il est difficile de se faire une opinion.
En Israël et en Palestine, je vois des des peuples qui souffrent, qui meurent pendant que ceux qui ont un pouvoir ne pensent qu'à détruire l'autre avec les moyens dont ils disposent. Je constate que des roquettes n'ont cependant pas la même puissance de destruction et de mort qu'un armement sophistiqué.
En Irak, je comprends encore moins. Si, une chose : la seconde guerre du Golfe a créé un chaos plus grand encore que celui existait. A vrai dire, dans cette région du monde, à chaque fois qu'il y a eu recours aux armes, même sous mandat de l'ONU, la situation a toujours empiré, où que ce soit.
Pour moi, le recours à la force militaire ne rend service qu'aux vendeurs d'armes, de tous les camps et toujours au détriment des peuples. Il n'y a aucune guerre juste, la violence s'ajoute à la violence, le sang versé s'ajoute au sang versé pendant que les vendeurs d'armes se frottent les mains.

Des catholiques aux positions ambiguës 

La position du pape François rappelée lors de l’Angélus du 10 août  est claire et n'a pas varié: « j’ai confiance en le fait qu’une efficace solution politique à un niveau international et local puisse arrêter ces crimes et rétablir le droit. »
Mais cette position du chef de l’Église catholique tranche nettement avec celle de Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies qui affirme (à titre personnel ou double discours du Vatican?) que le recours à la force peut être nécessaire ( il ne faut pas sous-estimer le sens du verbe « pouvoir » qui n'est pas le verbe « devoir » et l’Église catholique est très précise sur le sens des mots...). Ce qui est regrettable c'est qu'un journal comme La Croix, ainsi que des catholiques confondent l'opinion de ce prélat avec celle de François.

Le mot « génocide » est aussi souvent utilisé mais il est bon de rappeler qu'il s'agit d'une notion créée par un juriste pour les besoins du procès de Nuremberg en 1945 :
Mais ce terme est souvent galvaudé, il pose d'ailleurs problème aux historiens qui ne travaillent pas à partir de grilles de lecture juridiques. Et pour dire si un crime contre l'Humanité est un génocide, il n'y a guère que la Cour Pénale Internationale qui est compétente, n'en déplaise à certains utilisateurs des réseaux sociaux.
Surtout, ce qui me choque c'est cet appel à l'action en Irak qui contraste affreusement avec le silence sur ce qui ce passe à Gaza et dans le reste de la Palestine. L'absence de solidarité ou ne serait-ce que d'empathie de la part de mes coreligionnaires me laisse pantois... Pourtant je ne suis pas loin de penser que la clé de la paix dans la région se situe en Palestine.

Néanmoins le pape François essaie d'attirer l'attention sur ce qui se passe à Gaza :
« A Gaza aussi, après une trêve, la guerre a été reprise. Elle moissonne des victimes innocentes, enfants, et ne fait qu’empirer le conflit entre Israéliens et Palestiniens. » (Angélus du 10 août)

Cela dit, le silence des défenseurs de la Palestine au sujet des crimes dont sont victimes les minorités en Irak ou en Syrie me choque tout autant...
Et il n'y a pas que le Proche et le Moyen-Orient... Et il n'y a pas que les conflits, il y a aussi les épidémies, les drames liés à la pauvreté,...

Le commerce des armes au centre des conflits

Car la recours à la force renvoie au commerce des armes. Or, il n'y a pas plus cynique que ce commerce... D'où vient - en partie - l'armement de l'ex-armée irakienne ? De la France...
La boucle est ainsi bouclée lorsque la France envisage de fournir des armes aux Irakiens kurdes contre les djihadistes de l’État islamique qui se sont emparés des armes de l'ex-armée irakienne...
Au-delà du totalitarisme de certaines idéologies ou religions, cette question des armes est fondamentale.
Sans armes, les djihadistes perdraient largement de leur dangerosité. Or qui finance et fournit cet armement ? Les djihadistes ne l'ont pas fabriqué eux-même... Certes ils se sont « approvisionnés » en prenant les armes des vaincus mais cela ne durera pas.
Il faut donc assécher les sources d'armement mais cela n'arrangerait personne, certainement pas les USA pour lesquels ce qui se passe en Irak permet d'utiliser leur super technologie liée aux drones ( et ça rapporte !), ainsi que tout pays vendeur d'armes comme la France ou la Russie, entre autres.
Enfin ce n'est pas la première fois qu'il y a recours à la force armée en Irak, le résultat n'a pas vraiment été à la hauteur des espérances, sauf pour ceux qui font le commerce des armes.

Mais revenons au niveau local ou régional : ce qui me questionne, c'est ce que veulent les Irakiens ? Veulent-ils continuer à être Irakiens ? Et que veulent les Kurdes irakiens ? Les djihadistes de l'Etat islamique , eux leur projet semble clair...
Je ne pense pas que les Irakiens kurdes soient devenus subitement des défenseurs des Irakiens chrétiens. Ils se défendent d'abord pour eux. Si on les arme ce sera dans quel objectif ? Pour les aider à repousser et détruire le califat mais ensuite ? Pour travailler à un Irak réconcilié ? Ou pour fonder un Kurdistan, ce qui ne se fera pas sans poser de problème dans cette région du monde. Et toutes les autres composantes du peuple irakien ?
Comment les USA peuvent être crédibles alors que la seconde guerre du Golfe a été fondée sur un mensonge aux sujets des armes de destruction massive ? Comment la France peut être crédible alors qu'elle n'a pas bougé pour les habitants de Gaza qui eux aussi étaient désarmés et se font tuer ? Etc,...

Un cercle infernal à briser. N'ayons pas la mémoire courte

Je n'ai qu'une certitude c'est que la violence appelle la violence, c'est ce cercle infernal qu'il faut briser.

Benoît XV, lors du premier conflit mondial, l'avait compris et en quelque sorte prophétisé dès 1915 : "Et que l’on ne dise pas que ce cruel conflit ne peut pas être apaisé sans la violence des armes. Que l’on dépose de part et d’autre le dessein de s’entre-détruire. Que l’on y réfléchisse bien : les nations ne meurent pas ; humiliées et oppressées, elles portent frémissantes le joug qui leur est imposé, préparant la revanche et se transmettant de génération en génération un triste héritage de haine et de vengeance."
Contre la violence et la vengeance, il existe un remède qu'on appelle la défense civile non-violente. Elle est efficace et a déjà fait ses preuves. Elle n'a qu'un défaut : elle ne rapporte rien aux vendeurs d'armes et à ceux qu'on appelle les « chiens de guerre ».

Je suis d'accord aussi avec ce que dit Patrice de Plunkett sur le sujet en citant Gilles Kepel dans ce billet :
"ce diagnostic de Gilles Kepel : « Qui est derrière les djihadistes ? Ceux qui souhaitent affaiblir l'Iran et le pôle chiite dans la région... » En clair : les pétromonarchies sunnites et les intérêts pétroliers américains. "

Tout ceci me rappelle un article de l'historien Arno Mayer rédigé dans les jours qui suivirent les attentats du 11 septembre 2001.
« La riposte de l’Amérique aux attaques terroristes du 11 septembre 2001 risque d’être d’une disproportion et d’une violence extrêmes, parce qu’elles sont vécues comme un coup porté à cet orgueil insolent...
Avec le manichéisme porté haut et fier des deux côtés, les temps vont être une fois encore très sombres pour les êtres pensants et, comme toujours, pour les damnés de la terre. »

Nous y sommes...

Quoiqu'il en soit, je fais mienne, en cette semaine de l'Assomption cette prière du pape François :
« Dieu de la paix suscite en tous un authentique désir de dialogue et de réconciliation. La violence ne peut être vaincue par la violence. La violence ne peut être vaincue que par la paix ! Prions en silence, pour demander la paix ; tous en silence... Marie, Reine de la paix, priez pour nous ! » (Angélus du 20 juillet 2014)

A lire en complément :
- France-Irak : nous nous sommes tant aimés : http://rue89.nouvelobs.com/2014/08/10/france-irak-sommes-tant-aimes-254144
- Aspirants génocidaires : quand l’État islamique en Irak s’applique à massacrer systématiquement certaines minorités : http://www.atlantico.fr/decryptage/aspirants-genocidaires-quand-etat-islamique-en-irak-applique-massacrer-systematiquement-certains-minorites-alexandre-del-valle-1696601.html

A méditer :
- Tu ne tueras pas (Exode 20, 13)
- De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre (Isaïe 2, 4)
- Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée (Matthieu 26, 52)
- Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu (Matthieu 5, 9)

vendredi 23 mai 2014

Déclaration des évêques catholiques en vue des élections européennes 2014






Les évêques catholiques d'Europe ont publié une déclaration dans laquelle ils réaffirment leur soutien au projet européen. Ils encouragent tous les citoyens de l'UE non seulement à se rendre aux urnes du 22 au 25 mai prochains, mais aussi à engager un dialogue constructif, durant la campagne, avec leurs députés européens et ceux qui sont candidats à un mandat au Parlement européen.

[ La mise en gras et les coupes sont de l'auteur du blog]


[...]


Le texte de la déclaration est le suivant:
[...]Il est essentiel que les citoyens de l’UE participent au processus démocratique en votant le jour des élections. Une forte participation renforcera d’autant la nouvelle législature.

[...]
Bien que nous nous adressions en première instance aux citoyens de confession catholique, nous espérons que notre conseil/avis recevra également un accueil favorable auprès des hommes et femmes de bonne volonté qui se soucient du succès du projet européen. Nous espérons que notre voix sera également entendue par les candidats aux élections au Parlement européen.

Pour commencer, nous souhaiterions attirer l’attention sur quelques considérations d’ordre général:

1. Voter est un droit et un devoir pour chaque citoyen de l’UE.[...]

  Nous encourageons nos jeunes à faire entendre leur voix en s’impliquant dans le débat politique et surtout en votant.

2. Il est important que les candidats et les députés qui se représentent pour un mandat au Parlement européen soient conscients des dommages collatéraux causés par la crise économique et bancaire qui a débuté en 2008. Le Pape François a attiré l’attention de l’opinion publique sur la détresse de ceux qui étaient déjà pauvres et vulnérables - les jeunes et les handicapés - sans oublier ceux qui ont été jetés dans la pauvreté par la crise actuelle. Le nombre de « nouveaux pauvres » est en train de croître de manière alarmante.

3. Le message chrétien est un message d’espoir. Nous croyons que le projet européen est inspiré par une vision noble de l’homme. Chaque citoyen, chaque communauté et même chaque Etat-nation doit être capable de mettre de côté ses intérêts particuliers en vue de la poursuite du Bien commun. [...]
 
4. La Tempérance est l’une des vertus naturelles au cœur de la spiritualité chrétienne. Une culture de retenue doit guider l’Economie sociale de marché et les politiques de l’environnement. Nous devons apprendre à vivre avec moins et, par là même, veiller à ce que les personnes qui vivent dans la vraie pauvreté obtiennent une meilleure part.


Nous aimerions également attirer l’attention de nos concitoyens sur certains domaines spécifiques des politiques de l’UE :

1. Il faut veiller à ce que les démarches de plus en plus nombreuses visant à l’unité au sein de l’UE ne sacrifient pas le principe de subsidiarité, qui est le pilier de cette famille d’Etats nations unique au monde que représente l’UE ; ni ne compromettent les traditions bien établies qui prévalent dans tant d’Etats membres.

2. Un autre pilier de l’Union européenne, qui est également un principe de la doctrine sociale de l’Eglise, est celui de la Solidarité. Ce principe devrait guider les politiques menées à tous les niveaux de l’UE, entre nations, régions et groupes de population. Il nous faut construire un monde nouveau, qui soit centré sur la solidarité.

3. Il est fondamental de rappeler qu’à la base de toute politique sociale et économique se trouve une vision de l’homme enracinée dans un profond respect de la dignité humaine. La vie humaine doit être protégée de la conception à la mort naturelle. La famille, qui est la composante de base de la société, doit bénéficier de la même protection.

4. L’Europe est un continent en mouvement et la migration – qu’elle soit interne ou venant de l’extérieur de l’Europe – a un impact sur la vie des personnes et de la société. L’UE a une frontière extérieure commune. La responsabilité de l’accueil et de l’intégration des migrants et demandeurs d’asile doit être partagée proportionnellement entre les États membres. Il est crucial de traiter avec humanité les migrants à leur arrivée et que leurs droits humains soient scrupuleusement respectés, et que par conséquent, tous, y compris les Eglises, s’efforcent de garantir une intégration réussie dans les sociétés d’accueil sur le territoire de l’Union.

5. Nous sommes les gardiens de la création et nous devons accroître notre détermination à respecter et atteindre les objectifs d’émissions de CO2, à promouvoir une conception globale des changements climatiques, à adopter une approche plus écologique et nous devons exiger que la durabilité devienne un élément fondamental de toute politique de croissance ou de développement.

6. La liberté religieuse est un élément fondamental d’une société tolérante et ouverte. Cette liberté comprend la liberté de manifester sa foi en public. Nous nous réjouissons de l’adoption de Lignes directrices de l'Union sur la promotion et la protection de la liberté de religion ou de conviction et nous espérons que le Parlement européen qui sortira des urnes intensifiera ses efforts en la matière.

7. Nous soutenons toutes les mesures qui peuvent être prises pour protéger un jour de repos commun hebdomadaire, qui est le dimanche.

8. Dans les cinq prochaines années, le changement démographique aura un impact encore plus profond sur l’UE. Nous plaidons en faveur de nos concitoyens âgés, afin qu’ils aient accès au niveau et à la qualité de soins auxquels ils ont droit, et nous plaidons aussi pour la mise en place de politiques qui créent de nouvelles opportunités pour la jeune génération.

L’Union européenne est à un tournant. La crise économique déclenchée par la faillite bancaire de 2008 et le poids de la dette publique, a tendu les relations entre les Etats membres. Elle a mis à rude épreuve le principe fondateur de Solidarité au sein de l’Union. Elle a aussi entrainé dans son sillage une vague de pauvreté qui a frappé un grand nombre de nos concitoyens et a brisé les espoirs de beaucoup de jeunes.

Nous, les évêques catholiques, plaidons pour que le projet européen ne soit pas mis en danger ni abandonné sous la pression des contraintes actuelles. Il est impératif que nous tous – hommes et femmes politiques, candidats, parties prenantes – nous contribuions à forger de façon constructive le futur de l’Europe. Nous avons trop à perdre si le projet européen venait à se disloquer.

Enfin, il est essentiel que nous tous, qui sommes des citoyens européens, nous nous rendions aux urnes le 22-25 mai prochains. Nous, les évêques, nous vous enjoignons à voter suivant votre conscience préalablement bien formée.

Pour lire le texte dans sa totalité :  cliquer ici.


vendredi 12 avril 2013

De quelle écologie humaine parle-t-on ?

Je suis en plein accord avec ce texte de la Fraternité des chrétiens indignés et je le relaie donc : 
Notre centralité voulue par le créateur fait-elle de nous des dominateurs ou des évangélisateurs de la création ? Les maîtres souverains et tout-puissants de la nature ou ses jardiniers en paix avec elle, sous le regard réjoui de Dieu ?
Entre l’agroécologie et l’agriculture productiviste, où est notre dignité humaine d’humbles gardiens de la création ?
Entre le choix collectif d’une grande sobriété énergétique, ou la préservation du mensonge autour de l’industrie nucléaire et de la menace que celle-ci fait peser sur la vie terrestre, où est notre dignité humaine d’humbles gardiens de la création ?

Nous catholiques, sommes-nous vraiment au clair avec ces questions?

Lire le texte dans son intégralité : 

mardi 30 octobre 2012

La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne

Mgr Claudio Maria CELLI, Archevêque titulaire de Civitanova, Président du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales (CITÉ DU VATICAN) :

La nouvelle évangélisation nous demande d’être attentifs à la “nouveauté” du contexte culturel dans lequel nous sommes appelés à annoncer la Bonne Nouvelle, mais également à la “nouveauté” des méthodes à utiliser. Les nouveaux médias sont en train de changer radicalement la culture dans laquelle nous vivons et offrent de nouveaux chemins pour partager le message de l’Évangile.
 [...]
L’arène numérique n’est pas un espace “virtuel” moins important du monde “réel” et, si la Bonne Nouvelle n’est pas proclamée aussi de façon “numérique”, nous courons le risque d’abandonner beaucoup de personnes, pour lesquelles c’est celui-là, le monde dans lequel elles “vivent”. L’Église est déjà présente dans l’espace numérique, mais le prochain défi est de changer notre style communicatif pour rendre cette présence efficace, s’occupant surtout de la question du langage.
 [...]
Nous sommes obligés de nous exprimer de façon à impliquer les autres qui, à leur tour, partagent nos idées avec leurs amis et “followers”. Nous avons besoin de valoriser les “voix” des nombreux catholiques présents dans les blogs, afin qu’ils puissent évangéliser, présenter l’enseignement de l’Église et répondre aux questions des autres. Je pense à l’Église qui est appelée à instaurer un dialogue respectueux avec tous, à donner raison à l’espérance que tous portent dans leur coeur.  


mercredi 15 août 2012

Prière pour l'Assomption 2012 - Église Catholique en France



 Puisqu'il va être tordu, déformé dans tous les sens et cela a déjà commencé aussi bien dans la presse que dans les réseaux sociaux, voici le texte de la prière proposée par l’Église catholique de France pour la fête de l'Assomption, bref un texte qui ne concerne que les cathos mais qui est déjà bien commenté dans d'autres cercles et avec une malhonnêteté intellectuelle confondante. Après tout autant s'en réjouir c'est que notre audience n'est pas si mauvaise que cela...

Frères et Sœurs,

En ce jour où nous célébrons l'
Assomption de la Vierge Marie, sous le patronage de qui a été placée la France, présentons à Dieu, par l'intercession de Notre-Dame, nos prières confiantes pour notre pays :


1. En ces temps de crise économique, beaucoup de nos concitoyens sont victimes de restrictions diverses et voient l'avenir avec inquiétude ; prions pour celles et ceux qui ont des pouvoirs de décision dans ce domaine et demandons à Dieu qu'il nous rende plus généreux encore dans la solidarité avec nos semblables.


2. Pour celles et ceux qui on été récemment élus pour légiférer et gouverner ; que leur sens du bien commun de la société l'emporte sur les requêtes particulières et qu'ils aient la force de suivre les indications de leur conscience.


3. Pour les familles ; que leur attente légitime d'un soutien de la société ne soit pas déçue ; que leurs membres se soutiennent avec fidélité et tendresse tout au long de leur existence, particulièrement dans les moments douloureux. Que l'engagement des époux l'un envers l'autre et envers leurs enfants soient un signe de la fidélité de l'amour.


4. Pour les enfants et les jeunes ; que tous nous aidions chacun à découvrir son propre chemin pour progresser vers le bonheur ; qu'ils cessent d'être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l'amour d'un père et d'une mère.


Seigneur notre Dieu, nous te confions l'avenir de notre pays. Par l'intercession de Notre-Dame, accorde-nous le courage de faire les choix nécessaires à une meilleure qualité de vie pour tous et à l'épanouissement de notre jeunesse
grâce à des familles fortes et fidèles. Par Jésus, le Christ, Notre Seigneur