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mercredi 3 mai 2017

Revue Esprit : Appel pour le vote en faveur d’Emmanuel Macron

Ci-dessous un appel de la revue ESPRIT, auquel je souscris sans réserve : 


Au second tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron sera opposé à Marine Le Pen, candidate du Front National. Cet affrontement inédit, né de la faillite des deux grands partis qui dominaient la vie politique en France depuis cinquante ans, crée le trouble et l’incertitude chez beaucoup, qui renvoient dos à dos les deux candidats, jugeant que c’est blanc bonnet et bonnet blanc, et prônent l’abstention, le vote blanc ou le vote nul.
Pour Esprit, cette équivalence est fausse et irresponsable : nous appelons sans restriction à voter Emmanuel Macron et à rejeter Marine Le Pen.
S’abstenir le dimanche 7 mai, voter blanc ou nul, camper sur un « ni-ni » qui ne fait pas de différence entre les candidats serait irresponsable, une faute politique majeure. Quelles que soient les réserves que certains peuvent avoir envers Emmanuel Macron, son ouverture à la discussion et aux libertés fondamentales, son attachement aux garanties de la démocratie et aux droits humains sont incontestables. Son engagement pour l’Europe ne plaît pas à tous, du moins a-t-il le mérite d’être clair - et de ne pas régler le problème en l’esquivant ou en le supprimant. Son programme économique peut être jugé trop libéral ou trop timide, mais les accusations qui font de lui le représentant des banques (Rothschild, bien sûr !), du grand capital, des riches, de la « France d’en-haut »…, sont outrancières. Tant qu’elles n’ouvrent pas à un débat sérieux sur la nature et les effets réels de la financiarisation mondialisée, elles demeurent au niveau du cliché et relèvent au mieux de la polémique électorale, au pire de l’insulte personnelle. Et elles ne valent en aucune façon excuse pour s’abstenir de voter pour lui.
À l’inverse, les conditions de toute démocratie qui se respecte sont absentes au Front National de Marine Le Pen. Nous le redisons : le FN n’est pas un parti comme les autres. L’élection de Mme le Pen, ou même un score élevé dans les urnes, signifierait un recul des libertés publiques, des conditions aléatoires pour la démocratie, une politique sécuritaire dangereuse, dont nul ne voit les limites. Elle mettrait en cause directement des droits universels accordés aux étrangers par tous les pays démocratiques. Tout cela nous le savons car c’est le fond de commerce inépuisable du Front National depuis ses débuts. On l’a vu encore à la fin de la campagne du premier tour : alors qu’elle semblait en difficulté, la rhétorique violente de Marine le Pen contre les étrangers et les réfugiés, mais aussi contre les musulmans français, a repris le dessus. Sa démagogie, qui consiste à dire tout haut ce que, selon le FN, les Français pensent tout bas, y compris de plus vil, alimente la xénophobie. Elle doit être encore et encore combattue. Quant à son programme économique, hostile à la construction européenne (hostilité qu’elle manipule d’ailleurs à souhait), replié sur l’hexagone, finançant beaucoup (avec des discriminations affichées) mais n’indiquant pas ses recettes, il serait une catastrophe pour la France, et d’abord pour les pauvres et la « France d’en bas » qu’elle prétend défendre.
Dans ce contexte, voter pour Emmanuel Macron ne veut pas dire adhérer à son programme. Cela signifie notre attachement à la démocratie. Dès le 8 mai, la confrontation des idées reprendra ses droits, et d’abord à l’occasion des débats qui auront lieu durant la campagne pour les élections législatives. Mais en attendant, un score élevé en faveur de Marine Le Pen l’encouragerait dans sa rhétorique sécuritaire, dangereuse pour les libertés publiques, et dans ses dénonciations xénophobes.
Il se peut que l’ère des totalitarismes soit derrière nous, mais il se pourrait aussi que même en Europe de l’Ouest, l’ère des populismes autoritaires et des « démocraties illibérales » soit devant nous. On en voit les symptômes dans de nombreux pays. Comme hier face à l’imposture totalitaire, la première tâche intellectuelle qui s’impose désormais sera d’en faire une critique sans merci, mais l'urgence aujourd'hui est de leur faire barrage politiquement.
La position d'Esprit est donc claire : pour la sauvegarde des libertés fondamentales, il importe, ce dimanche 7 mai, d'apporter massivement nos voix à Emmanuel Macron, et de ménager la plus large défaite possible à la candidate Marine Le Pen. Nous vivons un moment ou plutôt une épreuve historique : se comporter en simples spectateurs, sans engagement, serait le pire des comportements. 
Esprit