"La voix de celui qui crie dans le désert". Jean 1, 23
" Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire". Bernadette Soubirous

Et ma voix n'engage que... moi.

La République française respecte toutes les croyances (article 1er de la Constitution)

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lundi 28 novembre 2016

Après la primaire



Nous savons désormais qui est l'adversaire, la France du passé, privilégiée, qui ne comprend rien au monde du XXIème siècle.
A celles et ceux qui ne veulent pas d'un retour en arrière sans précédent de savoir s'unir, en dépassant leurs égos, autour d'un projet fédérateur qui saura entendre la colère du peuple et lui rendre l'espérance...
Ce soir, ce n'était pas l'élection présidentielle mais la primaire à droite. Le vrai choix, c'est dans quelques mois, c'est demain, c'est aussi dans un siècle, le pire n'est jamais sûr...

Comme l'a souligné Patrice de Plunkett sur son blog, "un certain nombre des thèses de J.L. Mélenchon sont ce qu'il y a de plus proche de 'Laudato Si', d''Evangelii gaudium' (pages économiques) et des trois discours du pape aux mouvements populaires."
A l'inverse, le programme qui a remporté l'adhésion d'une certaine droite aujourd'hui et qui promet une casse sociale sans précédent est très éloignée de l'Evangile...
Le projet de Jean-Luc Mélenchon est donc à découvrir, à voir ensuite s'il est à soutenir et à accompagner :à lire ici

On pourra se rappeler ce que j'écrivais sur ce blog au sujet de l'écosocialisme dont se réclame Jean-Luc Mélenchon : à lire ici.

Méditons également ces mots de Fabrice Nicolino : " Nous devons trouver en nous un courage que nous ne soupçonnons même pas. Celui de dire définitivement non à ce monde à l’agonie. Celui d’oser en proposer un autre." A lire ici.

Surtout, pour nous chrétiens catholiques, il est temps de prendre connaissance des quelques éléments de réflexion de nos évêques sur l'année électorale qui vient et qui est déjà bien entamée : à lire ici.
Plus encore, rappelons la lecture salutaire du texte du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France aux habitants de notre pays intitulé « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». A découvrir et à lire ici.


http://www.eglise.catholique.fr/actualites/dossiers/elections-2017/#1476372518856-569fba1f-5bc6


samedi 16 avril 2016

Fabrice Nicolino a besoin de nous

Une demande importante de Fabrice Nicolino :


Chers lecteurs, j’ai réellement besoin de vous. Je me lance – je me lance peut-être – dans une enquête au long cours. Sur un événement cataclysmique dont à peu près personne ne semble avoir la moindre conscience. Je veux parler de la disparition de la simple nature chez nous, en France.
Nous n’allons pas ici chipoter sur les chiffres qui, de toute manière, resteront indicatifs. On estime que la moitié des oiseaux qui habitaient à un moment ou un autre chez nous au cours d’une année ont disparu. Depuis à peu près 1960. Que nous avons perdu environ la moitié de nos si chers papillons en seulement trente ans. Je vous fais grâce des amphibiens, des abeilles, des lucioles, des coquelicots, des saumons, de tant d’autres merveilles jadis omniprésentes dans la moindre campagne.
Ce qui nous manque, c’est le regard susceptible d’embrasser l’ensemble. Et c’est pourquoi je sollicite avec force – et un peu d’appréhension – votre aide. Je recherche des témoignages, directs ou non; des personnes bien sûr; des lieux évidemment; des histoires aussi. Bref, tout ce qui pourrait documenter cette formidable régression dont tous les aménageurs – si seulement il n’y avait qu’eux ! – se contrefoutent.
Je pense, je crois pouvoir vous assurer que toute information fiable venant de vous me serait et vous serait finalement d’une grande utilité. Je dis bien : toute, y compris un bout de film super8, un carnet déchiré au fond d’une malle, une photo sépia. On se comprend ? J’en suis certain.
Vous pouvez et vous allez répondre sur cette adresse : nicolino.fabrice1@orange.fr

samedi 14 novembre 2015

Prier, toujours prier...





"Je continuerai à croire, même si tout le monde perd espoir.
Je continuerai à aimer, même si les autres distillent la haine.
Je continuerai à construire, même si les autres détruisent.
Je continuerai à parler de paix, même au milieu d’une guerre.
Je continuerai à illuminer, même au milieu de l’obscurité.
Je continuerai à semer, même si les autres piétinent la récolte.
Et je continuerai à crier, même si les autres se taisent.
Et je dessinerai des sourires sur des visages en larmes.
Et j’apporterai le soulagement, quand on verra la douleur.
Et j’offrirai des motifs de joie là où il n’y a que tristesse.
J’inviterai à marcher celui qui a décidé de s’arrêter…
Et je tendrai les bras à ceux qui se sentent épuisés. "

- Abbé Pierre


« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

- Saint François d'Assise



"Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !  Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière !
Si tu retiens les fautes, Seigneur Seigneur, qui subsistera ? 
Mais près de toi se trouve le pardon pour que l'homme te craigne.
J'espère le Seigneur de toute mon âme ;  je l'espère, et j'attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore."

- Psaume 129

mercredi 14 janvier 2015

Charlie, une semaine après


Une semaine après, j'ai envie de partager quelques lectures et réflexions.
D'abord je pourrai dire que comme beaucoup de mes concitoyens, j'y étais :


 
1500 personnes à peu près dans une ville qui en compte environ 15000, le calcul est simple à faire : 10% de la population s'est déplacée, des jeunes, des moins jeunes, une foule diverse et puisque je connais les gens, j'ai aperçu aussi des personnes que je n'avais jamais vues battre le pavé. Et tout cela malgré le vent et la pluie, dans une atmosphère digne et recueillie. C'est réconfortant.

Ensuite on commence à voir de nombreuses analyses et incantations. Des politiciens parlent d'un Patriot Act à la française et de mesures sécuritaires alors que nous avons déjà tout l'arsenal juridique nécessaire ainsi que des services de renseignement et de police compétents et efficaces. Et pas plus tard que ce midi, un économiste tout en expliquant pourquoi il était normal que le CAC 40 ne soit pas affecté a parlé du laxisme de l’École et de la Justice.

Or, je fais partie de ceux qui pensent qu'on ne peut appliquer une grille de lecture unique et simpliste - en l’occurrence l'explication d'un islam radical en guerre contre un Occident aux valeurs déliquescentes libérales-libertaires - à des événements si complexes.

Je préfère cette analyse de Michael Löwy qui porte un autre regard sur les événements :
"Les uns et les autres essayent d’instaurer un climat de  « guerre des civilisations »,  selon la sinistre proposition de Samuel Huntington (un des architectes de la Guerre du Vietnam).  Il est urgent de rappeler que le vrai conflit de notre époque n’est pas entre  « l’Islam » et  « l’Occident »,  mais entre exploiteurs et exploités,  oppresseurs et opprimés,  et,  en dernière analyse,  entre les intérêts du capitalisme et ceux de l’humanité."

J'ai aussi expliqué pourquoi  #JeSuisCharlie dans un billet publié sur le site A la table des chrétiens de gauche et sur ce blog.
Je le suis d'autant plus lorsque je vois le nom de Charlie associée à l'expression "pseudo rebelle". Expression doublement inappropriée car ces journalistes étaient et restent authentiquement rebelles et  ils sont plus que ça. Quand quelqu'un meurt pour avoir défendu des idées de liberté, il est plus qu'un rebelle, il est un héros.

Mais il me semble que si certains n'aiment pas Charlie, ce n'est pas tant en raison de leurs dessins mais plutôt en raison de leurs convictions rappelées dans une tribune du Monde
"Charlie Hebdo est fils de Mai 68, de la liberté, de l'insolence, et de personnalités aussi clairement situées que Cavanna, Cabu, Wolinski, Reiser, Gébé, Delfeil de Ton…
Qui oserait leur faire un procès rétrospectif ? Le Charlie Hebdo des années 1970 aura aidé à former l'esprit critique d'une génération. En se moquant certes des pouvoirs et des puissants. En riant, et parfois à gorge déployée, des malheurs du monde, mais toujours, toujours, toujours en défendant la personne humaine et les valeurs universelles qui lui sont associées. [...]
Nous rions, nous critiquons, nous rêvons encore des mêmes choses. Ce n'est pas trahir un secret : l'équipe actuelle se partage entre tenants de la gauche, de l'extrême gauche, de l'anarchie et de l'écologie. Tous ne votent pas, mais tous ont sablé le champagne quand Nicolas Sarkozy a été battu en mai 2012.
Aucun d'entre nous ne songerait à défendre la droite, que nous combattrons jusqu'au bout. Quant aux fascismes, quant au fascisme, nous considérons évidemment cette engeance comme un ennemi définitif, qui ne s'est d'ailleurs jamais privé de nous traîner devant les tribunaux."

J'ai préféré et apprécié l'intelligence des Jésuites (pléonasme?) - je n'oublie pas que le pape est l'un des leurs - qui ont publié sur leur site des caricatures ciblant le catholicisme :
"Les réactions unanimes qui se sont manifestées, à droite comme à gauche, parmi les croyants comme parmi les incroyants, invitent à ne pas céder à la peur et à défendre une société plurielle.
Nous avons fait le choix de mettre en ligne quelques caricatures de Charlie Hebdo qui se rapportent au catholicisme. C’est un signe de force que de pouvoir rire de certains traits de l’institution à laquelle nous appartenons, car c’est une manière de dire que ce à quoi nous sommes attachés est au-delà des formes toujours transitoires et imparfaites. L’humour dans la foi est un bon antidote au fanatisme et à un esprit de sérieux ayant tendance à tout prendre au pied de la lettre."

Et c'est bien notre société, libre, ouverte sur le monde, qui était visée. C'est la France multiculturelle et plurielle que les terroristes ont voulu tuer la semaine dernière, la France "Black, Blanc, Beur"  :

Clarissa, Franck, Ahmed, les policiers morts en service

Les protestants libéraux sont sur cette même ligne de tolérance et de liberté :
"On a pu s’étonner que les assassins du 7 janvier ne s’en soient pas pris aux islamophobes et à leur pensée nauséabonde et si lucrative. On le sait désormais : les uns sont nécessaires aux autres. En cultivant la peur de l’Islam, ils arment les islamistes qui font vendre ceux qui, en échange, ravivent la peur. En revanche, en brisant à jamais les crayons de quelques joyeux drilles pour qui, à juste titre, rien n’est sacré, les fanatiques nient la liberté. Ils imposent un modèle religieux sans humour. Triste à en pleurer. Sans vie, figé, tyrannique.  Il nous faut, nous aussi, faire du Charlie Hebdo, et rappeler que Dieu seul est Dieu et que toutes nos paroles sur Dieu, pour y croire ou pour le nier, ne sont que des tentatives de vérité, des interprétations balbutiantes, des caricatures."

A propos de caricatures, on aurait bien tort de réduire Charlie à celles-ci. Car ce journal est en fait très sérieux, Charlie Hebdo, on ne le sait pas assez, ce sont des investigations. Et je pense notamment à toutes celles de Fabrice Nicolino concernant l'écologie, sur l'industrie chimique, sur l'industrie agro-alimentaire, le nucléaire. Cf. cette chronique sur Cattenom qui a encore connu un incident la semaine dernière...

Charb avait dessiné sur les questions de GPA : 

Tout comme Fabrice Nicolino s'était exprimé sur le mariage pour tous :
"Deux petits mots quand même. Un, il est désolant que la question de la filiation, fondamentale, fasse l’objet des habituelles éructations idéologiques. Il est encore heureux qu’on puisse défendre l’égalité, et considérer l’homophobie comme un racisme d’une part, et d’autre part contester ce qui est d’évidence une opération politicienne d’un gouvernement en perdition. Cette manière d’opposer supposés progressistes et soi-disant réactionnaires est un truc. Une pure et simple arnaque. Deux, l’écologie telle que je la comprends est une révolution de l’esprit. Elle contredit l’hyperindividualisme qui est au fondement de notre société industrielle. L’individu aurait tous les droits. Celui de changer de machine toutes les vingt secondes, celui de tuer un cerf s’il en a le goût, celui de prendre l’avion plus souvent qu’il n’embrasse son fils, celui d’enfanter à 98 ans, celui de se voir greffer un deuxième cerveau et une huitième main, etc. L’écologie telle que je la pense est la découverte des limites. Y compris celles du désir. Y compris celles de sa satisfaction. C’est d’autant plus chiant que j’entends pour ma part rester sur le terrain de la liberté, de l’égalité et de la fraternité."

Et à propos de notre devise républicaine, je terminerai sur ces quelques lignes de notre Constitution :
"La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.
et que Luz a formulé avec ses mots lors de la conférence de presse de cet après-midi : 
"Je suis Charlie, je suis flic, je suis juif, je suis musulman, et je suis aussi athée".


Billet rédigé en mémoire de  :
Frédéric Boisseau
Philippe Braham
Franck Brinsolaro
Jean Cabut, dit Cabu 
Elsa Cayat
Stéphane Charbonnier, dit Charb
Yohan Cohen
Yoav Hattab 
Philippe Honoré, dit Honoré
Clarissa Jean-Philippe
Bernard Maris dit Oncle Bernard
Ahmed Merabet
Mustapha Ourrad
Michel Renaud
François-Michel Saada 
Bernard Verlhac, dit Tignous  
Georges Wolinski