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vendredi 14 avril 2017

Jean-Luc Mélenchon, l'ALBA et la panique du système libéral productiviste



https://avenirencommun.fr/


C'est l'affolement général - du moins à droite - en France. On se croirait revenu en 1981 avec l'annonce de l'arrivée des chars russes en cas de victoire de François Mitterrand.

Rappelons tout de même que le pouvoir "socialo-communiste" une fois élu a mis en place la retraite à 60 ans, augmenté le SMIC et des allocations familiales, réduit le temps de travail avec le passage à la semaine de 39 heures et une cinquième semaine de congés payés, abolit la peine de mort,...

Alors quel est l'origine du vent de panique qui traverse les opposants à la France insoumise ? C'est simple, Jean-Luc Mélenchon propose que la France (en fait la Guyane et les Antilles pour être précis) rejoigne l'Alliance bolivarienne.

Qu'est-ce que l'Alliance bolivarienne ou ALBA ?
L'Alliance bolivarienne est une plate-forme d'intégration pour les pays d'Amérique latine et des Caraïbes qui repose sur la solidarité, la complémentarité, la justice et la coopération.
Il s'agit d'une alliance politique, économique et sociale pour défendre l'indépendance, l'autodétermination et l'identité des peuples qui la composent.

 Les pays qui composent actuellement l'ALBA sont : le Venezuela, Cuba, la Bolivie, le Nicaragua, la Dominique, Antigua-et-Barbuda, l'Équateur, Saint-Vincent-et-les Grenadines et Sainte Lucie.


Plus précisément, 12 principes régissent l'ALBA : 
1. Le commerce et l'investissement ne doivent pas être une fin en soi, mais des instruments pour parvenir à un développement juste et durable.

2. Prise en compte du niveau de développement des différents pays et de la dimension de leur économie pour garantir l'accès de toutes les nations au processus d'intégration.

3. La complémentarité économique et la coopération entre les pays participants et la non concurrence entre pays et productions, de manière à favoriser le développement économique équilibré dans chaque pays, avec les stratégies de lutte contre la pauvreté et la préservation de l'identité culturelle des peuples.

4. La coopération et la solidarité qui se traduisent par des plans spéciaux pour les pays les moins avancés de la région devraient inclure un plan continental contre l'analphabétisme, un plan latino-américain de soins de santé gratuits aux citoyens qui manquent de tels services et un programme de bourses de caractère régional dans des domaines d'intérêt majeur pour le développement économique et social.

5. Création d'un Fonds d'urgence sociale.

6. Développement inclusif des communications et des transports entre les pays d'Amérique latine et des Caraïbes, qui comprend des plans communs de routes, de chemins de fer, de lignes maritimes et de compagnies aériennes, de télécommunications, etc.

7. Actions pour permettre la durabilité du développement qui protègent l'environnement, stimulent l'utilisation rationnelle des ressources et empêchent la prolifération des habitudes de consommation inutiles qui sont étrangères aux réalités de nos peuples.

8. L'intégration énergétique entre les pays de la région, qui assure l'approvisionnement stable en produits énergétiques dans l'intérêt des entreprises latino-américaines et caribéennes.

9. Promotion des investissements en capital latino-américains en Amérique latine et dans les Caraïbes, dans le but de réduire la dépendance des pays de la région aux investisseurs étrangers.

10. Défense de la culture latino-américaine et caribéenne et de l'identité des peuples de la région, avec un respect et une promotion particuliers des cultures autochtones et indigènes.


11. Mesures pour les normes de propriété intellectuelle, tout en protégeant l'héritage des pays d'Amérique latine et des Caraïbes contre la voracité des entreprises transnationales.

12. Coordination des positions dans les domaines multilatéraux et dans les processus de négociation de toutes sortes avec les pays et les blocs d'autres régions.

(source : http://alba-tcp.org/en)

Revenons au programme "L'Avenir en commun", porté par Jean-Luc Mélenchon.

Cette question de l'Alliance bolivarienne n'est qu'une des 8 mesures contenues dans le chapitre 62 concernant l'aide au développement : Un autre monde est possible. Plus juste, plus ordonné, plus écologique et non soumis à la finance. Pour cela, de nouvelles coopérations doivent être engagées et d'autres renforcées. La France doit proposer une nouvelle alliance altermondialiste pour changer le cours du monde.

- En finir avec la Françafrique
- Tenir enfin l'objectif de consacrer 0,7 % du revenu national brut au budget de l'aide publique au développement
- Relancer la politique de codéveloppement et de coopération (scientifique, universitaire, sanitaire…) avec les pays en développement
- Adhérer à la banque de développement des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud NDR) et bâtir une nouvelle alliance altermondialiste avec les BRICS
- Soutenir le projet chinois d'une monnaie commune mondiale pour libérer l'économie mondiale de la domination du dollar
- Appuyer la mise en œuvre d'un mécanisme de restructuration des dettes souveraines dans le cadre de l'ONU
- Multiplier les coopérations avec les pays émergents
-  Instaurer une politique de codéveloppement avec l'Amérique latine et les Caraïbes en adhérant à l'ALBA

L'ALBA n'apparait qu'à la fin alors que la première mesure évoque la Françafrique.

On serait tenté de dire : tout ça pour ça.

Les questions qui méritent d'être posées sont celles-ci : 
pourquoi tant de bruit sur ce dernier point en ignorant les autres ? 
Pourquoi la mise en oeuvre d'une aide au développement réelle est si dérangeante dans notre système libéral productiviste ? 
Peut-être que pour ce système, le développement humain et l’urgence écologique sont intolérables. Pour le système libéral productiviste, ce n'est pas l'humain qui est au centre, c'est l'argent.  D'où l'affolement général de ses porte-voix depuis que les résultats des sondages d'opinion envisagent la présence de Jean-Luc Mélenchon au second tour de la présidentielle et de surcroit sa victoire ...

A suivre