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samedi 20 mai 2017

Non à la nucléarisation du territoire du Grand Est










Nicolas Hulot ministre, des réactions contrastées



Fabrice Nicolino
"Je vois que la plupart des écolos – attention, je ne suis pas écolo, je suis écologiste – estampillés sont ravis de la nomination de Nicolas Hulot. Comme ils sont partis pour l’applaudir longtemps, il leur faudra, chemin faisant, imaginer des stratagèmes pour se convaincre qu’ils ont malgré tout eu raison. Et que des gens comme moi sont décidément infréquentables. Le jour où ils se réveilleront un peu, s’il arrive, c’est encore de gens comme moi qu’ils se plaindront, car il ne sera jamais question d’admettre, selon les cas, avoir été naïf, ou duplice, ou plus directement con. Je n’ai donc aucune illusion."
A lire ici
" Ce gouvernement est farci de lobbyistes si évidents que personne ne les voit plus. Comme dans La Lettre volée, de Poe. Défenseurs militants du nucléaire, des exportations d’armes, des mines d’or en Guyane, du business en général, ils ont en partie réussi à rendre évidents, presque naturels, leurs choix idéologiques au point que personne ne paraît oser le leur reprocher. Le slogan implicite de tous ces gens crève les yeux : c’est celui de Thatcher. There is no alternative. Il n’y a pas d’autre choix.
Est-ce que je suis déçu par Hulot ? Oui, je le suis. Il avait la responsabilité de préparer une génération au grand changement. Il préfère un poste d’illusionniste."
A lire ici

EELV
" Nous agirons donc en soutien à Nicolas Hulot en faveur de réformes ambitieuses pour l’écologie, la solidarité, la démocratie, la moralisation de la vie publique. Mais nous serons vigilant-e-s et tout aussi ambitieux lorsque les réformes libérales, anti-sociales, imposées, qui s’annoncent seront présentées aux Français-e-s.
Le climat est une urgence. Le rythme du dérèglement climatique correspond aux prévisions les plus pessimistes des groupes d’experts. Il faut donc agir vite. Des décisions importantes peuvent être prises très rapidement, comme par exemple à Notre-Dame des Landes, qui est un symbole représentatif des choix à venir. L’abandon du projet d’aéroport est une demande forte des défenseur-es de l’environnement : que Nicolas Hulot en fasse la première victoire de l’écologie sous ce quinquennat.
Nous souhaitons un bon courage à Nicolas Hulot, dont la nomination est un signal positif."
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Hervé Kempf (Reporterre) : 
"il y a deux points sur lesquels il ne devra en aucun cas céder, parce qu’ils engagent l’essentiel :
  • Notre-Dame-des-Landes : il n’est simplement pas envisageable d’accepter le lancement du projet d’aéroport ni l’occupation policière de la Zone à défendre où se développe une alternative passionnante d’agriculture et de biodiversité. L’enjeu que représente Notre-Dame-des-Landes, c’est celui de la lutte contre le gaspillage des terres, de l’arrêt des infrastructures stimulant les émissions de gaz à effet de serre, du renouveau d’une agriculture paysanne et écologique, créatrice d’emplois ;
  • le nucléaire : fermeture de Fessenheim, engagement réel de la fermeture d’autres réacteurs, soutien inflexible à l’indépendance de l’Autorité de sûreté nucléaire, lancement d’une vraie politique d’économies d’énergie — avec une attention particulière aux ménages les plus pauvres. Voilà quels sont les volets de cette bataille énergétique qui concerne un des verrous les plus bloqués de la société française.
Ne cédez pas sur cela, Nicolas Hulot, et pour le reste, faites au mieux. On vous souhaite bonne chance."
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Patrice de Plunkett :

"Quant à M. Hulot, les paris sont ouverts : avalera-t-il la couleuvre nucléaire-aéroport ? ou claquera-t-il la porte ? Et s'il la claque, sera-ce avant ou après les législatives ? Son tempérament le pousserait à la claquer ; mais ses gestionnaires lui rappelleront que sa fondation est financée par EDF, L'Oréal, Carrefour  - et Vinci, autrement dit l'aéroport Notre-Dame-des-Landes dont M. Philippe est un partisan résolu. Dans Libération de ce matin, un "fidèle" de M. Hulot révèle que celui-ci n'a posé "aucune condition" à son entrée au gouvernement. Les autres ministres sont indifférents ou hostiles à l'écologie ; M. Philippe lui-même envisage le souci de l'environnement comme l'ennemi naturel de l'emploi. On sait où on va. On ne sait pas si M. Hulot ira jusque là."

A lire ici


Jean-Luc Mélenchon :
 "Il y va avec beaucoup de naïveté, il pense qu'il va changer tout à lui tout seul, c'est un homme qui a beaucoup de mal à intégrer la logique des rapports de force, il ne comprend pas ça", "dans un mois et demi, deux mois, M. Hulot va découvrir qu'il est là dedans tout seul"
D'autres avis sur le site des JNE à lire ici
 
Quant à l'auteur de ce blog
une question peut-être naïve ? Et s'il fallait que ce soit les nucléocrates eux-mêmes qui décident et mettent en oeuvre eux-mêmes une diminution de la part du nucléaire, sinon sa sortie, aidés dans cet objectif par Nicolas Hulot et sa popularité. Si la réponse est négative, comme Fabrice Nicolino, je n'ai aucune illusion...
Si elle est affirmative, alors je penche plutôt du côté de l'opinion de Claude-Marie Vadrot, " Hulot a raison d’avoir pris le risque du pouvoir ", " Le travail (et la chance ?) de Nicolas Hulot, ministre d’Etat, c’est de pouvoir imaginer une politique globale, d’impulser une réflexion pouvant déboucher sur des solutions, sur des décisions ou des inflexions. S’il tient le coup face aux productivistes qui l’entourent et ne rêvent que de courbes de croissance, il en restera quelque chose."
Dans tous les cas, bon courage et bonne chance à Nicolas Hulot !

lundi 8 mai 2017

Au soir du 7 mai...

Ces paroles de Jean-Luc Mélenchon :
notre pays a massivement refusé l’extrême droite, car elle est étrangère à l’identité républicaine de la France. [...]
Le nouveau président est élu. La courtoisie et l’amour de notre démocratie commandent d’en prendre acte sans barguigner et de lui présenter nos voeux. Puisse le sens du destin de notre patrie vous habiter, monsieur le président. Et la pensée des démunis, sans droits, sans toit, sans emploi, vous obséder. [...]
Fédérez-vous si vous vous reconnaissez dans l’humanisme écologique et social qui est nécessaire à notre temps et dont je m’efforce d’être le porte-parole. [...]
Ce pays et les gens simples qui le peuplent ne sont condamnés ni au pouvoir des riches ni à celui des haineux. Une nouvelle majorité parlementaire est possible autour de nous. Le goût du bonheur reste contagieux. [...]

Pour lire la déclaration en entier, cliquer ici


mercredi 3 mai 2017

Revue Esprit : Appel pour le vote en faveur d’Emmanuel Macron

Ci-dessous un appel de la revue ESPRIT, auquel je souscris sans réserve : 


Au second tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron sera opposé à Marine Le Pen, candidate du Front National. Cet affrontement inédit, né de la faillite des deux grands partis qui dominaient la vie politique en France depuis cinquante ans, crée le trouble et l’incertitude chez beaucoup, qui renvoient dos à dos les deux candidats, jugeant que c’est blanc bonnet et bonnet blanc, et prônent l’abstention, le vote blanc ou le vote nul.
Pour Esprit, cette équivalence est fausse et irresponsable : nous appelons sans restriction à voter Emmanuel Macron et à rejeter Marine Le Pen.
S’abstenir le dimanche 7 mai, voter blanc ou nul, camper sur un « ni-ni » qui ne fait pas de différence entre les candidats serait irresponsable, une faute politique majeure. Quelles que soient les réserves que certains peuvent avoir envers Emmanuel Macron, son ouverture à la discussion et aux libertés fondamentales, son attachement aux garanties de la démocratie et aux droits humains sont incontestables. Son engagement pour l’Europe ne plaît pas à tous, du moins a-t-il le mérite d’être clair - et de ne pas régler le problème en l’esquivant ou en le supprimant. Son programme économique peut être jugé trop libéral ou trop timide, mais les accusations qui font de lui le représentant des banques (Rothschild, bien sûr !), du grand capital, des riches, de la « France d’en-haut »…, sont outrancières. Tant qu’elles n’ouvrent pas à un débat sérieux sur la nature et les effets réels de la financiarisation mondialisée, elles demeurent au niveau du cliché et relèvent au mieux de la polémique électorale, au pire de l’insulte personnelle. Et elles ne valent en aucune façon excuse pour s’abstenir de voter pour lui.
À l’inverse, les conditions de toute démocratie qui se respecte sont absentes au Front National de Marine Le Pen. Nous le redisons : le FN n’est pas un parti comme les autres. L’élection de Mme le Pen, ou même un score élevé dans les urnes, signifierait un recul des libertés publiques, des conditions aléatoires pour la démocratie, une politique sécuritaire dangereuse, dont nul ne voit les limites. Elle mettrait en cause directement des droits universels accordés aux étrangers par tous les pays démocratiques. Tout cela nous le savons car c’est le fond de commerce inépuisable du Front National depuis ses débuts. On l’a vu encore à la fin de la campagne du premier tour : alors qu’elle semblait en difficulté, la rhétorique violente de Marine le Pen contre les étrangers et les réfugiés, mais aussi contre les musulmans français, a repris le dessus. Sa démagogie, qui consiste à dire tout haut ce que, selon le FN, les Français pensent tout bas, y compris de plus vil, alimente la xénophobie. Elle doit être encore et encore combattue. Quant à son programme économique, hostile à la construction européenne (hostilité qu’elle manipule d’ailleurs à souhait), replié sur l’hexagone, finançant beaucoup (avec des discriminations affichées) mais n’indiquant pas ses recettes, il serait une catastrophe pour la France, et d’abord pour les pauvres et la « France d’en bas » qu’elle prétend défendre.
Dans ce contexte, voter pour Emmanuel Macron ne veut pas dire adhérer à son programme. Cela signifie notre attachement à la démocratie. Dès le 8 mai, la confrontation des idées reprendra ses droits, et d’abord à l’occasion des débats qui auront lieu durant la campagne pour les élections législatives. Mais en attendant, un score élevé en faveur de Marine Le Pen l’encouragerait dans sa rhétorique sécuritaire, dangereuse pour les libertés publiques, et dans ses dénonciations xénophobes.
Il se peut que l’ère des totalitarismes soit derrière nous, mais il se pourrait aussi que même en Europe de l’Ouest, l’ère des populismes autoritaires et des « démocraties illibérales » soit devant nous. On en voit les symptômes dans de nombreux pays. Comme hier face à l’imposture totalitaire, la première tâche intellectuelle qui s’impose désormais sera d’en faire une critique sans merci, mais l'urgence aujourd'hui est de leur faire barrage politiquement.
La position d'Esprit est donc claire : pour la sauvegarde des libertés fondamentales, il importe, ce dimanche 7 mai, d'apporter massivement nos voix à Emmanuel Macron, et de ménager la plus large défaite possible à la candidate Marine Le Pen. Nous vivons un moment ou plutôt une épreuve historique : se comporter en simples spectateurs, sans engagement, serait le pire des comportements. 
Esprit